Présentations

Il était temps que je fasse les présentations:

Moi, c'est Claire, bien que souvent je ne le sois pas vraiment, perdue dans mes sombres pensées. Eux, ce sont mes personnages, mes amis, mes doubles, qui osent aller où je ne vais pas, qui explorent des vies que je ne vivrai jamais, qui subissent mes peurs, mes angoisses...

 

pour lire la suite et faire connaissance avec mes personnages: Présentations

 

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 13:38

Je n'ai pas l'étoffe d'un chef, ni l'âme d'un héros. Je suis servile, docile. Ou peut-être le suis-je devenu? C'est beaucoup moins fatigant de se borner à suivre, lorsqu'elles nous conviennent, les idées des autres, que de se battre pour faire admettre les siennes. Peut-être, plus tard, à l'âge de la retraite, qui semble être l'âge de tous les pouvoirs, reprendrais-je quelques responsabilités.

Jadis, jamais je n'aurais manqué une réunion. J'espérais par mon assiduité grandir dans votre estime et gagner votre confiance, des responsabilités et ce que l'on appelle des bribes de pouvoir: la liberté d'assoir ses idées et de les faire se réaliser.

Maintenant j'ai compris...
Je suis docile et servile.

J'admire encore pourtant qui sait promouvoir ses idées et entraîner tout un groupe dans son projet, son univers, mais d'idées personnelles, de projets, d'univers à faire partager, je n'en ai plus, rien.

À tant me couler dans ceux des autres avec l'aisance feinte  du poisson d'eau douce plongé dans la mer, de tous mes rêves me suis vidé.

 

JiM, le jeudi 26 janvier 2012

 

moustaki rois serviles

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : du sucre plein les poches
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 10:08

L'air ce matin sent le poisson
Comment est-ce possible si loin de la mer?
Est ce la pluie d'hiver sur le goudron
Qui lui donne ces senteurs portuaires?

Je referme la fenêtre
j'ouvre mes yeux
aujourd'hui ma couchette
me mènera en croisière
vers les îles de la liberté.

Petit matin déjà torride
Parfois, être à l'ombre a ses avantages!
C'est pas le soleil qui me fera des rides
En sortant, je ne ferai pas mon âge!

Je referme la fenêtre
j'ouvre mes rêves
aujourd'hui si je m'allonge
c'est sur une plage, une douce grève
congés payés et liberté

Odeur de fleur, de si bonne heure
est ce qu'une glycine grimpe aux murailles?
Ici c'est plutôt au parfum des douleurs
Qu' on met ceux qu'ils appellent  "la racaille"


Je referme la fenêtre
j'ouvre mon cerveau
je fais le printemps dans mon caveau
de mon pucier je fais un hamac
qui se balance au ressac de la liberté

Parfum d'automne, le soir tombe
Comme les feuilles qui la cour encombrent
Avant que l'encagé de corvée
Ait fini de les ramasser

J'ouvre grand la fenêtre
je passe les barreaux
comme une feuille
je m'envole bien haut
je tourbillonne au vent de la liberté

tant qu'on viendra pas me réveiller
Au sol, je ne pourrais pas m'écraser.

 

 

 

fenêtre d'orient instr.

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : chansons
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 19:33

018.jpg

 

Bien sympa cette proposition de passer chez l'accessoiriste. C'est vrai que bien souvent, on est enfermé dans un rôle, une personnalité, sans oser en sortir, en bouger, de peur de devenir un inconnu, et n'étant pas reconnu, d'être seul.

Rendue chez l'accessoiriste je lui tends ma liste d'objets:

Tout d'abord un mouchoir, un vrai grand mouchoir en toile.
Je pourrais alors y pleurer toutes mes peines sans mots, toutes mes douleurs interdites. Y éponger toutes mes larmes et y laisser couler mon nez comme un gamin plein de chagrin. Essuyer aussi mes genoux douloureux quand je me plante, quand j'échoue, avant de me relever pleine de boue et de honte, humiliée.
Mais, je pourrais aussi, mutine, y coudre une bordure de dentelle, y broder mes initiales, et le laisser innocemment tomber au nez d'un bel inconnu pour nouer conversation puis l'un des coins du mouchoir pour ne pas oublier le rendez-vous galant qu'il n'aura pas  manqué de me fixer.

Ensuite un miroir, petit miroir de poche, ou miroir à main ancien et ouvragé.
Je pourrais m'y contempler, sûre de moi et de plaire, y apprendre l'art de l'éloquence et celui de la chanson, et pourquoi pas, devant une psyché, m'oser à la danse?
Mais je pourrais aussi, au plus bas de mes désespoirs, jouer avec le plus infime rayon lumineux pour appeler à l'aide, par cet sos in extrémis espérer que quelqu'un viendra me sortir de mon isolement.

Enfin une épée, troisième et dernier objet. Une longue épée de soldat, étincelante et bien tranchante.
Je pourrais en menacer mes ennemis (en ai-je?) défier tous ceux qui entre mes désirs et moi osent s'interposer, les faire fuir et régner enfin en maître sur ma vie!
Je pourrais aussi, mes signaux lumineux étant restés sans effet, être tentée de me la planter en plein coeur (plus elle est longue, plus cela semble difficile).

Mais! ce traitre d'accessoiriste! il m'a refilé Excalibur! De la sortir de son fourreau il m'est impossible! Et oui, me répond-il, lorsque je me présente au magasin des accessoires pour réclamation:

Si tu ne sais à quelle utilisation tu le destines, l'objet n'est pas à toi!

 

(Sur un "exercice" de l'atelier l'ancre des mots:

Confirmer ou transformer sa personnalité à l’aide de 3 accessoires ou éléments)



 samedi 7 janvier 2012

 

une autre histoire d'accessoire: link

 

j brel il pleut

 

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : du sucre plein les poches
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 13:45

-Prenez place je vous prie,
oui, asseyez vous là, oui, là, bougez pas, bougez plus, voilà, c'est bien,
tout le monde est content comme ça,
d'autres arriveront, d'autres sont déjà là,
vous surtout, ne bougez pas,
ah! j'oubliais, et si vous pouviez ne pas parler aussi,
ou pas trop,
ou seulement quand on vous le demande,
ou seulement pour dire des choses polies, bien gentilles et bien lisses,
voilà, comme ça, c'est bien, bougez pas, parlez pas,
je reviens, promis,
dans quelques années de là,  oui, je reviens,
je regarderai si tout va bien,
si personne n'a bougé,
si tout s'est bien passé,
si pas un mot plus haut que l'autre n'a dérangé l'ordre établi,
si tout le monde a été bien sage, bien poli, bien gentil,
si la morale a été bien respectée,
bref... la vie.
Puis je vous autoriserai à sortir de table,
vos aînés n'y seront plus déjà,
vos enfants auront trouvé leur place,
vous pourrez vous lever,
bien poliment repousser votre chaise sous la table,
sans la frotter au sol, sans bruit, en la soulevant doucement,
et en silence,
sans déranger ni les chaises, ni faire glisser la nappe, ni personne,
vous pourrez sortir de la pièce,
d'un pas lent et calme,
digne, sans vous retourner,
sans dire au revoir,
c'est le seul cas où c'est plus poli de ne pas dire au revoir,
quand on quitte la fête avant qu'elle soit finie,
vous irez vers la porte, là bas, au fond,
oui, je sais, vous ne l'aurez jamais vue avant,
on ne la voit qu'au dernier moment,
vous l'ouvrirez,
à peine, à peine entrebâillée,
vous n'êtes pas épaisse,
vous vous glisserez dans l'interstice,
pas faire de courant d'air,
de l'autre coté il fait noir, il fait froid,
vous passerez la porte
et la refermerez sans bruit derrière vous,
que personne ne vous suive,
mais personne n'en aura envie, n'ayez crainte,
personne n'a envie d'aller là d'où on ne revient pas.
Mais en attendant,
prenez place je vous prie,
soyez discrète, il n'y a pas que vous,
on ne vous attendait pas,
et surtout,
installez vous confortablement,
car ça risque d'être un peu long,
du moins je vous le souhaite.
Prenez place, je vous prie,
au grand banquet de la vie.

 

yacoub bleu

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : du sucre plein les poches
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 12:10

Encore un an qui passe.
Vous voudriez que cela soit joyeux?
Vous voudriez que je fasse des voeux?
Pourquoi fêterais-je l'avenir? Cet an nouveau, que m'apportera-t-il d'autre que du moins en moins, de la détérioration?
Les ans font grandir les enfants, et quand ils s'en vont, plus jamais ne reviennent pareil, c'est fini. Viennent en visite...
Travail en sursit, pour quelques mois encore, mais bientôt reviendra le soucis d'avoir à changer de décor. Je rêve mon entretien d'alors, au pôle emploi: "oui, vous avez bien entendu, je cherche un travail qui m'occupe les week end, les jours fériés, parce que je suis seul, mes enfants sont grands, et mes amis retraités sont en famille à ces moments là et libres aux autres moments, à ceux où normalement on travaille. Ce que vous voulez, restauration, hôtellerie, aide soignant, je suis volontaire pour tous  les créneaux horaires dont personne ne veut."
En plus ainsi on m'aimerait, mes collègues m'adoreraient, ceux qui ont des enfants, des familles, des amis, et j'ai tellement besoin qu'on m'aime.
Qu'on m'aime et qu'on me le fasse comprendre, mais doucement, car attention, en bon abandonnique, dès qu'on m'aime trop se réveille l'angoisse d'être bouffé, dévoré par la relation, et je fais alors tout pour m'éloigner!
Un boulot en opposition de phase avec la vie sociale, pour ne jamais me sentir seul, pour sentir la ville bruisser et m'inviter à sortir, à mes heures de repos, et lorsqu'elle cuve ses fêtes, être moi occupé, au travail, un travail utile et valorisé, admiré.
Voilà, finalement, j'ai réussi à trouver un vœu pour moi même. À vous je souhaite de faire de même: trouver votre vœu, votre étoile secrète, le petit changement qui vous ferait sourire quand on vous dit "bonne année".


JiM, le 31/12/2011

 

 

 

jacques brel la quête

 

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : ambiance pole emploi
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 13:56

Le café après l'amour
quand le corps repu
on s'intéresse à nouveau à la rue
a un goût de toujours
qui n'a vraiment rien à voir
avec celui qui le précède
quand dans un bar, un soir,
l' homme attend que femme lui cède

Le café, douce habitude
même bu à la va vite
quand le quotidien s'invite
a un goût de certitude
Il n'aura pas l'amertume
des désagréables désillusions
quand à la fin de la chanson
tombe l'élégant costume

Le café entre amants
qui volent encore un instant
qui font durer ce partage
parce que ne peuvent pas davantage
n'a rien de ces prémices
fausses promesses de délices
faites au coin du comptoir
par un inconnu plein d' espoir
Pas besoin de comptoir
tous nos comptes sont réglés
si tu m'en offres ce soir
notre nuit aura lumière d'été

Le café après l'étreinte
quand la raison s'est rendue
prend soudain la teinte
sombre des amours défendues
On n'y lit aucun avenir
pas plus que de désirs
mais nos tasses, noirs miroirs
reflètent bien plus que nos au-revoir

Le café ce matin
avait goût d'éternité
ta chaleur était notre été
et l'ivresse, ta main
Notre breuvage non édulcoré
doux de toutes nos caresses
amer de toutes nos sagesses
eut goût de sérénité
À ce café d'après l'amour
je n'ai nulle envie de troquer
ce breuvage que certains jours
des dragueurs m'offrent au troquet




jacques brel les fenêtres





 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : merci à la vie
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 21:12

 

 

Qu'il était doux l'hier, mon aimé,

la lune réchauffait notre ciel d'hiver,

de cette douceur qui redonne force et bonheur,

de ce bonheur qui permet d'attendre nos jours meilleurs.

 

Face à ton sourire, sous ta main,

fondirent mes doutes, mes rancœurs,

j'ai aimé sentir ton désir contre mon sein,

et au creux de moi, ta chaleur.

 

L'amour m'inondait, mon esprit vagabondait

aux temps où nous aurons du temps.

 

Aujourd'hui encore,

l'amour m'inonde et l'énergie m'envahit

cette énergie qui embellit ma vie.

 

Écoute, ce sont les étoiles qui l'ont dit:

écoute leur lumière au ciel d'hiver

regarde le chant de la pluie sur la vitre de notre abri

dis moi la douceur de ta peau sous mes lèvres

et vois si ainsi nous ne touchons pas du doigt nos rêves.

 

 

 

saint james infirmary

 

navigation vers une autre version de St James infirmary (oui, je suis fan!) Les rêves et les espoirs... 2 essais

 

 

 

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : merci à la vie
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 09:57

  dscn3586.jpg

 

 intérieur nuit  extérieur nuit

Je m'approche de la fenêtre, de mes bras, j'en dessine le tour. Je veux regarder au travers, mais on ne voit rien derrière la fenêtre, il fait sombre. J'y colle mon front, mon nez. C'est froid! Je me recule.

Je mets mes mains en visière autour de mes yeux, scrute à nouveaux à travers la vitre.

C'est beau! C'est nouveau! Je n'ai jamais rien vu de tel!

 

Derrière la fenêtre

dehors, la vie

la rue, c'est pas d'la triche

je ne suis jamais allé derrière la fenêtre

 

Je tire les rideaux, d'un coté, de l'autre

je les passe dans l'embrasse

je tourne la poignée

j'ouvre la fenêtre (mvt vers soi)

 

 

 

Je regarde dehors

en face

à gauche

à droite,

en haut,

en bas.

En bas? (regard interrogatif)

oui, oui, oui (de la tête)

en bas

 

J'enjambe avec précaution

je tâte du pied, comment est le sol?

c'est stable, je pose le pied à plat.

 

Je tâte le mur

je lui tourne le dos

je regarde en face, partout

et j'avance timidement

ma main s'avance vers des objets,

non, je ne touche à rien,

non, non, non (de la tête)

 

Je visite, je regarde, émerveillement

un banc, un réverbère, un panneau publicitaire

une fleur pousse sur un muret

je me penche pour humer son parfum

 

une voiture qu'on ne voit pas klaxonne

je me bouche les oreilles

 

 

 

il fait frais

je frissonne

 

je me promène dans cet univers inconnu,

merveilleux, mais qui semble accueillant.

 

Soudain, des bruits de pas!

quelqu'un approche, un passant

 

j'ai peur, je me cache derrière une colonne publicitaire

 

j'enjambe à nouveau la fenêtre, vivement

(ils enjambent ce coup ci la même fenêtre

se retrouvent tous les deux en même temps, à califourchon sur l'appui de fenêtre face à face)

 

 

 

Tiens, y'a quelqu'un

"Bonjour"

je lui serre la main.

je regarde dehors, d'où je viens

je regarde dedans

je regarde l'autre dont je tiens toujours la main

regard interrogatif

oui,oui, oui (de la tête)

il me répond

oui, oui, oui (de la tête)

 

je finis d'enjamber la fenêtre

je suis dedans

 

"c'était bien! j'y retournerai derrière la fenêtre"

 

 

 

 


Je m'approche de la fenêtre, de mes bras, j'en dessine le tour. Je veux regarder au travers, mais on ne voit rien derrière la fenêtre, il fait sombre. J'y colle mon front, mon nez. C'est froid! Je me recule.

Je mets mes mains en visière autour de mes yeux, scrute à nouveaux à travers la vitre.

C'est beau! C'est nouveau! Je n'ai jamais rien vu de tel!

 

Derrière la fenêtre

les ors, les rubis,

c'est une maison de riches

je ne suis jamais allé derrière la fenêtre

 

J'ouvre les volets, d'un coté, de l'autre

je les accroches à l'arrêt

je fais un cercle dans la vitre, au diamant

j'ouvre la fenêtre (mvt vers l'intérieur)

 

Je regarde dedans

en face

à gauche

à droite,

en haut,

en bas.

En bas? (regard interrogatif)

oui, oui, oui (de la tête)

en bas

 

J'enjambe avec précaution

je tâte du pied, comment est le sol?

c'est stable, je pose le pied à plat.

 

Je tâte le mur

je lui tourne le dos

je regarde en face, partout

et j'avance timidement

ma main s'avance vers des objets,

non, je ne touche à rien,

non, non, non (de la tête)

 

Je visite, je regarde, émerveillement

un meuble, un tableau, une oeuvre d'art

un bouquet dans un vase sur une table

je me penche pour humer son parfum

 

un téléphone sonne

je me bouche les oreilles

 

 

 

il fait chaud

je caresse mes bras d'aise et enlève un pull

 

je me promène dans cet univers inconnu,

merveilleux, qui semble accueillant.

 

Soudain, des bruits de pas!

quelqu'un approche, appelle Oé! c'est toi?

 

j'ai peur, je me cache derrière un rideau

 

 

j'enjambe à nouveau la fenêtre, vivement

(ils enjambent ce coup ci la même fenêtre

se retrouvent tous les deux en même temps, à califourchon sur l'appui de fenêtre face à face)

 

Tiens, y'a quelqu'un

"Bonjour"

je lui serre la main.

je regarde dedans, d'où je viens

je regarde dehors

je regarde l'autre dont je tiens toujours la main

regard interrogatif

oui,oui, oui (de la tête)

il me répond

oui, oui, oui (de la tête)

 

je finis d'enjamber la fenêtre

je suis dehors

 

"c'était bien! j'y retournerai derrière la fenêtre"

 

 

 

 

 


 

11 décembre 2011

Par entre nuage et pluie - Publié dans : JLJE
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 20:22

 

sarremezan-005.jpg

 

Tu n'aimes pas l'hiver

quand se fait sentir une rigueur

qui n'est pas seulement budgétaire

lorsque le gel fend les pierres

te viennent des rêves de chaleur

alors tu votes des motions

mais ce n'est pas ainsi que banquise fond

alors tu prends des délibérations

et tout ce petit monde tourne en rond

car tu oublies le sel!

le sel qui de la glace vient à bout

celui du goût des petits bonheurs

celui des larmes de gros malheurs

celui qui pique la langue

et croque sous les dents

celui qui fit sortir la vie

de l'obscurité de la mer.

Tu n'aimes pas l'hiver

j'aimerais être pour toi

ce petit grain, tout petit,

si discret qu'il en est soluble

mais qui t'aiderait à déneiger

le chemin qui mène au printemps.

Je pourrais être ta lumière

celle qui illumine ton sourire

Je pourrais être ton soleil

briller pour te réchauffer

je sortirais de mon sommeil

pour ton brouillard dissiper

j'aimerais être la première

qui de l'hiver te fasse rire

quand il gèle à t'engourdir

j'aimerais être plus claire

et dans le froid, ne pas partir.

 

ocho de diciembre de dos mille once

 

 cabrel hiver

 

 

 

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : mot d'absence
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 14:20

 

Un-une

 

Lui vient du désert, des immensités minérales. Il aime la montagne, les roches, les ponts sur les torrents indomptables. Cet univers est très peuplé, contrairement aux croyances et aux apparences, et plein de contraintes. Le désert, c'est le contraire de la liberté. Il y marche tout le jour, le parcourt sans relâche.

 

Elle, vit dans un gros bourg. Elle aime entendre la rue se réveiller, les passages s'intensifier au fil du jour, puis ralentir le soir. Cette agitation l'aide quand il lui est difficile de pousser sa porte pour rejoindre la vie. Entendre le bruissement du monde lui fait du bien.

 

Eux, ils ne pourront mêler leurs jours, encore moins leurs nuits. Ils ne pourront s'offrir que des bribes d'instants où leurs univers se croisent, quand les orbites de leurs planètes s'attirent selon les lois célestes. Le reste du temps, chacun vit sa vie. Lui dans son désert peuplé, elle dans le bruit de sa cité.

 

Lui s'affaire, c'est ce qu'il préfère. Contraintes, obligations, c'est lui qui les choisies, qui s'y est engagé, qui les a délibérées. Elle non plus ne peut pas vivre sans œuvrer. Ce point pourrait les rapprocher, ou, s'ils se laissent submerger chacun de leur coté, les éloigner.

 

Elle veille à ce qu'il ne les éloigne pas, se garde disponible, pour laisser à leurs planètes les plus grandes possibilités de se croiser. Elle laisse brûler une flamme porteuse de rêves interdits et d'espoirs insensés. Lui scrute le ciel chaque soir, il cherche dans les étoiles des promesses de rencontres auxquelles il ne veut plus croire, il attend de la lune consolation pour d'inévitables chagrins.

 

Au jour de solitude dans la cité, sans aucune sollicitude accepter, elle a besoin de temps pour faire grandir l'amour, pour qu'il s'épanouisse et inonde l'assemblée. Ce qu'on a beaucoup rêvé, ce pour quoi on a tant brûlé, finit-il par arriver? Elle ne peut vivre sans y croire. Elle brûle.

 

Tête dans les nuages, s'accumulent les cumulus qu'aucun vent ne dérange plus. Lorsque son regard se fatigue à percer les brumes, il baisse les yeux vers l'empreinte de ses pas. Il fait froid dans son désert. Il aimerait ses bras autour de ses épaules, il aimerait cruellement réchauffer ses mains glacées sur son sein.

 

Les traces de ses pas, gelées sur la terre du désert, accrochent une lumière que le ciel ne produit pas, sans étoiles ni lune ce soir. D'où viennent alors ces perles brillantes qui l'empêchent de se perdre dans sa nuit? Rationnel, il pense au matin, au rayon précoce d'un soleil clandestin.

 

Fidèlement, elle frotte l'allumette, une flamme grandit pour remercier la vie. Merci pour ce qui est murmure-t-elle tendrement. Une larme coule pourtant, pour ses rêves trop grands, une larme éclairée de la lumière du merci, brille.

 

Ses pas scintillent au sombre désert, le ramènent à sa demeure, à sa vie, à son labeur, à ce qui si souvent l'éloigne d'elle. Cette nuit, il ne se perdra pas, quelqu'un veillait sur lui, qui ne lui en voudra pas. Quelqu'un qui chaque jour prie ce que ce monde garde encore de magie, pour avoir la force d'aimer sa liberté plus que ses propres rêves.

 

Mais... pourquoi n'y aurait-il qu'une seule flamme qui pourrait brûler?

 

(à suivre...)

 

danielle messia les mots

 


 

 

Par entre nuage et pluie - Publié dans : mot d'absence
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