Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 08:27

Depuis des années, je travaille dans le cinéma, et je sens depuis quelques temps, mes possibilités se démultiplier. Comme une révolution technologique, comme l'invention de l'écriture, une série d'événements qui font que plus jamais rien ne sera comme avant.

 

J'ai d'abord vécu l'invention du son, j'ose maintenant me dire, poser mes frontières, vous arrêter avant de me sentir dévorée, anéantie. Ainsi je n'ai plus besoin de me hérisser de barbelés pour vous forcer à me respecter.

 

Je découvre de surcroît que la vie est couleurs, même s'il m'a fallut longtemps les chercher dans mon arbre généalogique. J'apprends que le plaisir est valeur philosophique, et le bonheur déchu de son statut de péché, j'ai enfin droit d'y accéder.

 

Et tout ça... par la magie de son oeil. Du  regard d'amour qu'il pose sur moi, et qui me dit: « je vois des possibilités en toi, mais j'aime pour un temps ton muet cinéma noir et blanc ».

 

Ses regards bienveillants me font aimer ces gens qui m'entourent. Qu'y a-t- il sous leur fard? J'avais peur de n'y découvrir qu' hypocrisie et égoïsme. Par ses angles de vue, j'ai vu la douleur, la souffrance des vies qui broient, enferment, assassinent, et rendent durs, en apparence.

 

Véritable artiste du cadrage, il jongle avec les focales, zoome sur la beauté d'un détail lorsque l'ambiance se fait triste; revient au grand angle quand un épiphénomène nous malmène.

 

Dans la beauté de ses prises de vues, j'ai appris à m'aimer, et à accepter ce corps que j'ose enfin mouvoir. De m'aimer un petit peu, je ne vous en aimerai pas moins, vous, et tout un chacun.

 
juillet 2006
Par Milasa
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Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 13:13
En l'absence de l'éclairagiste



J'avais, pour m'entourer, toute une équipe qui partageait mes rêves, des
professionnels qui avaient à coeur de mettre en oeuvre tous mes scénarios
Mais j'étais toujours insatisfaite, la réalisation ne collait jamais aux
songes qui faisaient ma réalité.
Un jour, a débarqué un étrange acteur, attachant, plein de talent, mais
impossible à diriger, il entendait jouer mes partitions avec sa propre
sensibilité et non appliquer mon interprétation à la lettre. Parfois, il se
fâchait et me disait: « le scénario est à toi, le jeu d'acteurs est à nous,
le choix des éclairages est à l'éclairagiste, et l'oeuvre est commune, c'est
ce qui fait sa beauté, sa richesse, tu ne peux pas tout maîtriser,si tu
refuses ces données, débrouille toi. »
Un jour de fatigue et de vague grise, j'ai renvoyé toute l'équipe, oui,
j'allais faire seule, c'étaient mes rêves après tout, comment pouvaient ils
prétendre savoir les interpréter!!

Je suis seule aujourd'hui, sur mon fauteuil de réalisatrice, les studios sont
vides, l'écran est blanc. Je ferme les yeux, j'y projette, libre, mes rêves
sans contrainte. Je rêve les impossibles, en feignant de les croire
réalisables, ils sont, le temps de mes pensées.
Je les rêve réels et incarnés, si fort, que je sens soudain l'insensible
étreinte de douces mains sur mes épaules, le souffle d'un imperceptible
baiser dans mon cou, le murmure d'une chaude voix à mon oreille.
J'ouvre les yeux. Entre l'écran blanc des rêves impossibles et moi, il est là,
il s'est interposé, l'acteur rebelle, il me dit seulement: « Si tu le
désires, je suis venu t'offrir les rêves qui abolissent l'absence. »

                                                                                                  décembre 2004

Par Milasa
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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 21:35
L'accessoiriste

 

Pas le coeur à faire des bluettes, pas l'envie de dire cette folie ordinaire qui m' habite. Mon estomac, secoué de larmes, quel choix  reste t-il?

Ressortir mon épée, tranchante, la lame brillante au soleil comme dans un conte celtique. Il fait toujours soleil pour ce genre de scène, les éclairagistes n'ont aucune imagination. Et qu'en faire? Me battre, encore et toujours, contre tout ce qui contrarie mes rêves, contre tous ceux qui contre-carrent le  scénario!

Ils sont là mes rêves, à terre. Et moi je suis armé, je peux les protéger. Ils sont là, gisant, tas sans forme, moribonds, souffrants d'agonie. Et ces gens qui se rapprochent, m' encerclent  maléfiques, prononcent d'envoûtantes incantations! Des ennemis.

Je peux!! Je peux... passer ma vie à me battre pour mes rêves, et tuer tous ceux qui les menacent d'un brusque mouvement circulaire du bras. Puis reprendre mon chemin, celui auquel m'a voué la sorcière dans ma douzième année, mon Destin. Suivre mon étoile jusqu'à l' Épinal, braqué sur la chute, l'arrivée. Toute une vie pour au dernier soir pouvoir rendre compte, dire que j'ai réussi, sans défaillir, sans digresser, que j'ai été fidèle aux rêves qu'on m'avaient donnés à vivre... Fier de n'avoir pas transgressé.

Je peux... Je m'épuise, l'épée est lourde à porter, de toutes façons, la vie ne sera jamais comme je veux, les rêves jamais ne prendront corps, ils sont à terre, trop abîmés, trop usés, et j'ai brisé ma baguette, je n'y crois plus, ne me reste que la force, mon épée...

Je peux... les ennemis se rapprochent... Je regarde leurs yeux, certains sont mouillés, presqu' autant que les miens. S'échangent nos regards brouillés,  ma vision se trouble, la scène se décompose, milliers de petits morceaux à recoudre...

J'ai le droit d'être triste, les yeux pleins d'eau, une lettre en poche, la dernière, qui fini par ce mot: demain . Ce demain qui comme toi n'est jamais venu, un ajournement de plus. J'ai le droit d'être triste, calmement triste. Mais cette tristesse est concrète, présente, est fait partie de la vie que j'ai choisie. Contre elle mon épée  ne peut rien. Les bras me pèsent...

La scène se recompose, différente derrière mes prismes salés, je peux voir la lumière s'adoucir, je peux... je peux baisser l'épée, pointe au sol, plat devant moi, reposer mes bras las de leurs colères muettes. Écouter leurs mots, faire pour une fois confiance au dialoguiste, s' ils étaient d'amitié, et leur cercle réconfortant?

Laisser mes rêves là, ceux qui m'entourent ne les voient pas, ignorent ce que je défendais, pourquoi je m'agitais, menaçant l'air de ma lame meurtrière. Les laisser mourir, oui, je les trahis, je les renie, traître à mes rêves, je choisis la vie.

Mes amis se rapprochent encore. L'un d'eux prend doucement l'arme de mes mains, me serre dans ses bras, me murmure, « ça va, ça va ». Il affirme, ne questionne pas.

Je les regarde, étonné: l'assemblée, le décor. Je ne demande pas pardon, mais seulement si je n'ai blessé personne, la scénariste s'approche, me souris, indulgente: « avec ce genre d'accessoire, tu risquais au pire de nous faire des bosses ».

 

Merci à D.R.

                                                                                                                                           9 juin 2006

Par Milasa
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 21:49
le preneur de son

«
Jamais là quand on a besoin de lui celui-là!
C'est pas vrai, toute l'équipe est prête, tout le monde s'est déplacé, on n'attend plus que lui! A chaque fois ça fini comme ça, on est obligé de commencer le boulot sans le son! »

Cette fois-ci la réalisatrice était sur le point de craquer, encore un nouveau problème alors qu' elle venait à peine de résoudre ceux de l'éclairage. Pour chaque scène elle savait qu'elle avait le choix d'écrire une version douce et belle, ou une vision dure et mesquine du même événement. Pour cette dernière séquence elle avait hésité , soit le personnage principal menait sa partenaire en bateau, la berçait d'illusion, se servait d'elle quand il voulait et l'ignorait le reste du temps, soit il était sincère, portait réellement ces rêves - qui pour des raisons qui lui étaient propres et qu'il n'avait pas à communiquer étaient inaccessibles- et souffrait, tout autant qu'elle, de l'absence et du temps. Elle avait choisi une version chaleureuse et aimante, écrit les dialogues en conséquence, donné ses instructions à l'éclairagiste, qui les avait enfin comprises, mais voilà que ce foutu preneur de son n'était pas là maintenant! Le salaud! l'actrice avait beau crier ses répliques à la lune presque pleine au travers du hublot, tout serait à refaire, la scène devenait incompréhensible! Elle était en rage la réalisatrice, elle se mit à hurler, à menacer le technicien de mesures disciplinaires,

« vous serez payé quand vous serez là pour faire votre travail, je n'accepterai plus votre bande-son avec 24h de retard! Vous rendez vous compte que vous doublez le travail de vos collègues? »

Il était contrit le preneur de son,
« vous comprenez, le direct, ça m'intimide, j'ai peur de faire des bêtises, en postsynchronisation on peut réenregistrer jusqu'à ce que ce soit parfait... »

« Justement!! Hurla t' elle!! On vous demande pas d'être PARFAIT, on vous demande juste d'être là, présent, le cinéma muet, ça fait longtemps que c'est dépassé vous savez! Vous avez même le droit de faire des bêtises, mais les acteurs ont besoin de vous, en direct!! »

 Il n'y a pas de chute, cette histoire ne tombe pas, elle aurait peur de se faire mal, de se fouler une cheville dans l'escalier, c'est une histoire schizophrène, qui essaye de recoller l' image et le son, en vain, car elle sait que si la scène n'avait pas été muette, plein de choses auraient été différentes. Seule la lune, complice gardienne des répliques, connaît les cris muets de cette histoire, jusqu'à ce que le preneur de son remette sa copie et ses secrets...

2004
Par Milasa
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 07:57
Notes à l'éclairagiste

 

Scène 1:

Nuit, la lune diluée par le brouillard, les acteurs nagent dans le jaune,  ils marchent proches l'un de l'autre, sur un sentier d'altitude, sans pour autant se voir, ni s'entendre.

Si tu peux ne simuler la brume que par les éclairages, et éviter la fumée artificielle, stp, ça fait tousser les acteurs.

Je te joints des extraits des dialogues, tu dois éclairer plus fortement celui qui parle, et laisser juste deviner la silhouette de l'autre, alternativement.

LUI:-Elle est là pourtant, presque à bout de doigts, il  me suffirait d'un pas, à tâtons...  Mais non, je ne fais rien, je ne bouge pas, et demain j'irai enterrer mon chagrin au pied de mon poirier, pourquoi?

ELLE:-Ça s'est passé tout en douceur. Il m'a parlé, écrit. Ses mots se sont insinués dans mes rêves, où je le portais déjà depuis longtemps. Il y tenait le beau rôle,  de sa tendresse, il me  consolait de la violence de l'existence. Ses mots ont germés, puis ils ont pris corps dans ma vie.

LUI:-Il suffirait... que je confie aux ondes un poème, j'y pense... le temps d'avoir peur, et je laisse une autre tâche, importante bien sur, me rattraper, et le jour passe, comme les autres...

La lune se couche, baisse progressivement la lumière jaune.

ELLE:-Il s'est installé dans mon coeur. J'aime sentir sa main, son bras, si proches, inaccessibles pourtant. Ma peur, ma pudeur... qu'est ce qui m'arrête? Il suffirait que j'ose un geste pour  lui rendre ses caresses, il est là, proche,  au bout de mon bras... Mais non... je ne bouge pas... et demain je pleurerai, seule, impuissante...  

LUI:-Je pourrai téléphoner, entendre sa voix, lui dire deux mots d'espoir, lui parler du quotidien comme d' un lien. J'ai des occasions, que je laisse passer, je pense à elle, j'essaye d'imaginer ce qui fait son instant, puis... l'occasion, rare, fugace, est passée, il faut attendre la prochaine, et tout recommence...

Scène 2:

La lune est couchée, ce n'est pas encore l'aube, il fait nuit noire, mais la brume se lève et découvre leurs jambes.

ELLE:-Je ne comprends pas son silence. Qu'ai-je fait? De quoi suis-je coupable? J'espère ses mots que j'aimais tant, j'aime l'entendre, le lire. J'ai besoin de sens, d'intensité, de faire exister notre lien entre deux rencontres, concrètement, par des petits gestes , des symboles, des mots...

LUI:-Je ne comprends pas ses peurs, ses reculs, ses manières de hérisson et son absence d'initiatives. Elle est farouchement pudique, je crains sans cesse de la choquer avec mes mots, mes gestes, mes désirs...

ELLE:-finalement... l'amour devrait peut être rester dans les rêves, là, au chaud, il ne risque pas de faire mal, il peut s'épanouir dans toute sa folie, dans toute sa liberté, le laisser vivre est un pari, qu'on perd plus souvent qu'on ne gagne, que nous réserve cette aube? Que fera t' elle de notre amour? Quoiqu'il arrive, il me restera les rêves, personne ne me les prendra, et là, il pourra vivre par mes pensées, toute ma tendresse, tous ses désirs de volcans...

LUI:-Ma confusion, j'ai peur de mes désirs, de mon envie de la déshabiller d'un seul coup, de prendre son corps dans une étreinte passionnément folle et violente, j'ai peur de la heurter, je dois garder mes distances, m 'éloigner même, même... si je vois bien qu'elle en souffre, en silence.

Scène 3:

Synchronise le lever du soleil, bleu, le soleil, oui, cherche pas ,c'est comme ça, avec leur cri, la brume s'est encore un peu levée, leur corps émergent à demi de la brume.

ENSEMBLE: (-Je t'aime !

                         (-Je t'aime !

(criant ensemble, ils ne se sont pas entendus)

ELLE:-J'aime ses caresses, mais  me sens en dette de ne savoir les lui rendre, il me donne tant de douceur, sans retour, qu'est ce qui bloque mes gestes et mes mots? La pudeur de mes gestes bloque t' elle les siens? ... Et quand il se fait silence, comment faire vivre un volcan dans le désert?   

LUI:-Elle me donne son corps, ce don à sens unique me fait presque peur, jusqu'où veut elle vraiment donner? J'ai peur de la forcer sans le vouloir, qu'elle se force pour moi, je me sens en possession d'un pouvoir de décision trop fort, elle m'a trop abandonné la direction de notre route, je suis perdu.   

ENSEMBLE: -Où es tu?

                        -Où es tu?

Scène 4:

Le jour se lève, le sentier de terre et d'herbe débouche sur une plage de galets, au bout , la mer, tout est bleu, la brume a disparu, mais ils sont éclairés à contre jour, les spectateurs sont éblouis et ne voient donc encore que des silhouettes.

Ils se tiennent par la main, disent ensemble:

-Tu m'aimes!

-Tu m'aimes!

ELLE:-Malgré l'absence, tes silences, je veux croire en ton amour.

LUI:-Malgré tes peurs, tes crispations, je veux croire en ton désir.

Scène finale:

Toujours éclairés à contre jour

Ils s'embrassent sur la plage, puis se tenant par la main, ils s'enfoncent ensemble dans l'eau, comment pourrais tu figurer l'eau comme une brume épaisse dans laquelle on les  verrait par transparence? Peut être là, utiliser la fumée, tant pis s'ils toussent, c'est fini!

 

Novembre 2004

Par Agustina
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 12:49

Voyages sur l'île Terre


J'ai passé la mer

dans un sens, dans l'autre

je pourrais, amère,

revenir déçue vers nos côtes

de n'avoir aucun lieu sur l'île Terre

où mon rêve pourrait être l'hôte


J'ai décidé alors d'aimer la traversée

et de chaque rayon de bonheur profiter

d'autant plus fort qu'ils sont rares

et que la vie se comporte en avare.


Avec Toi, notre bonheur construire,

non pas comme but à atteindre

trouver notre joie dans l'acte même de bâtir

et l'issue de la traversée ne jamais craindre:


il n'y aura pas de chute,

car la Terre entière est une île.


 

à mon bâtisseur de bonheur,

22 avril 2009

Par Patate!
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 11:19

-3- Nuits étoilées

 

Encore une nuit sans refuge, et personne pour m'offrir l'abri de sa tente. Je dors sous les étoiles, solidaire de tous les sans-toits de la planète. Les soirs sans étoiles, je refusais l'épreuve du dialogue, dans le ciel uniformément noir, il me manquait  un endroit où cacher le nuage blanc où je dissimulais cette petite partie de moi encore aimée et aimante.

La nuit d'avant mon départ, après m'être assurée, en fermant les volets, qu'il y avait au moins une étoile, j'ai dit la rupture, ma peur dépassée, et mon refus de renier mes rêves, aussi fous et fragiles soient ils, aussi compromis puissent ils être de par ma décision elle même. Le ciel alors, en pleine nuit s'est éclairci de mille étoiles nées de ma force, de ma renaissance. Enfin, j'étais unifiée et sincère,  étoile unique parmi les milliards d'autres. La nuit on sait. Rêves de mes nuits savent les désirs de mon corps, les sentiments de mon coeur, et les peurs de ma vie. Depuis quelques temps, j'apprends, le jour, à leur faire confiance.

J'apprends aussi à aimer  cette nuit qui m'avait toujours fait si peur.

 

à suivre....
Par Agustina
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 11:13

 

 

A quoi ça sert tout ça?

Toute cette agitation,

ces heures à trimer,

pour essayer en vain de changer

ce monde et de la rendre meilleur


Si c'est pour se faire engueuler

entre nous ne même pas réussir la douceur

d'une micro société d'harmonie et de respect?


A quoi ça sert tout ça?

Tout ce papier pour démontrer

que le monde a besoin d'autres valeurs

si c'est pour ne même pas l'appliquer

dans nos groupes et d'un rien alimenter les rancoeurs?


A quoi ça sert tout ça?

Si dès qu'on a un bribe de pouvoir

c'est pour faire trembler

le plus timide, le dernier arrivé,

et les plus jeunes les humilier?


Ne pouvions-nous être laboratoire

d'échanges non-violents, dans le respect et la liberté,

des différences, des imaginations?


Sinon, à quoi ça sert tout ça,

si c'est pour être comme partout,

comme ailleurs formatés?


Parce que, Camarades, faut pas rêver!

Les puissants on ne les battra jamais,

c'est entre nous qu'il faut créer,

un autre monde, Ici! Maintenant!

 

15-16 avril 2009

 

Par Agustina
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 18:51
2-Bivouac

Ma destination? Je suis partie chercher les traces de l'ours, pour essayer de le comprendre, puis, je cherche aussi une source, celle d'une ancienne rivière presque tarie, et qui ne charrie plus que des blocs de colères. Étincelles du repos, crépitent de ce feu de camps, à prendre comme telles, à respecter, à accueillir, sans rien forcer, ni réfléchir. Suivre mes pas, les laisser guider mes pensées, au delà de la réalité. Les montagnes sont jolies, aussi, me dit l'amie de passage, elles ne sont pas uniquement grises et pourvoyeuses d'ombre, d'humidité. J'approuve son point de vue, d'autant que depuis que je suis dessus, elles me rapprochent du soleil de mes rêves. Merci pour ce partage, amie de passage, pour l'eau frémissante sur les flammes, pour l'entente au-delà des mots cachés. J'accepte l'éphémère en ces lieux de transits. Hier bout de chemin, aujourd'hui le silence, personne pour épauler mes pas, c'est comme ça, succession d'instants, de hasards, sans continuité, sans liens. Peut être est il vain de chercher sa vie sur un chemin?

à suivre...
Par Agustina
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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /2009 07:29

Vallée frontière

 

 

J'avais toujours vu le monde comme ça: partagé par deux types de frontières, les frontières de plaine et celles de montagne.

 

Les frontières de plaine nécessitent barbelés, miradors, soldats et chiens policiers. On ne peut pas ne pas les remarquer, les franchir est impossible.

 

Les frontières de montagne sont plus discrètes, passent aux sommets de monts ciselés, de façon naturellement inaccessibles. Le danger est dans la plaine, quand d'un coté et de l'autre rodent les douaniers.

 

Mais cette vision du monde était mensonge, il existait des frontières qui permettent de passer en douceur d'un pays à l'autre, sans s'en rendre compte, et je venais d'en avoir la preuve.

 

J'étais occupée à cueillir les mots que mon poète me donnait. Les yeux fixés sur l'horizon, nous l'avons traversée sans la voir.

 

Nous suivions la rivière, dans la nuée blanche du matin, plus nous avancions, plus je me sentais femme dans ses mots, dans ses yeux, et plus j'aimais la vie avec ferveur.

 

Les douaniers, l'auraient appelée Achéron et nous auraient voués à l'enfer. Elle n'était que Garonne qui, remontée ... menait nos sentiments de l' impossible réalité à l'infini de nos rêves.

 

 

11 avril 2009

 

Par Agustina
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