Je n'aurai pas connu tes vingts ans
je ne t'aurai pas vu
jouer du violon en bondissant
ni avoir au bout de mille mètres
l'énergie d'être le premier
Je n'aurai qu' aperçu, furtivement,
une photo d' il y a dix ans
sur laquelle déjà tu étais plus âgé que moi.
Je n'aurai eu de toi les réveils fantastiques
de la puissance de tes rêves je n'ai fait connaissance
Mais je connais de toi la douceur du temps
la sagesse qui aime la vie telle qu'elle est
le regard beau porté même sur ce qui ne l'est pas forcément
la sensibilité attentive à chaque instant
Je connais ta patience à m'aimer à mon rythme
sans brusquer le frêle oiseau qui avait peur de tout
la force de ta main qui m'a remise debout
en me poussant doucement vers notre chemin
Je connais la force de ta vie
la beauté des peuples aimés
et le souvenir des paysages
dont je trouve encore poussière de chemin
en caressant tes cheveux de ma main
Par un seul sourire de tes yeux
Tu m'offres ce soleil qui chauffa d'autres cieux
Tu me chantes l'amour de la vie et des rencontres
Et me montres l'étoile qui nourrit mes rêves
Je n'aurai pas connu tes matins, tes midis
mais je n'aurai pas assez de soirées, de nuits,
pour te remercier de m'avoir un jour retenue
alors que j 'aurais pu n'être qu'une passante dans ta vie.
6 avril 2009