Tournée d'été.
Chaque matin, je chausse mes chaussures de marche, comme d'autres enfilent leurs baskets. Je commence ma tournée, en poches tous les jeux de clés, portes-clés improvisés et bariolés pour ne pas les mélanger. En premier, les chats, attention, empêcher ceux du voisin de rentrer, ceux de la maison de sortir, ou alors rester jusqu'à ce que chacun ait regagné sa place! Quand tout est en ordre coté félins, je poursuis. Quelques centaines de mètres de marche, puis une nouvelle porte, une autre maison qui ne m'appartient pas: y arroser les plantes, entre-ouvrir les volets que je fermerai ce soir, pour simuler la présence des propriétaires des lieux. Encore un peu de sport, à l'autre bout de la ville, ici prendre le courrier, c'est tout, je n'ai la clé que de la boite aux lettres...
De retour, je rassure chacun, un courriel à ceux qui sont connectés sur leur lieu de villégiature, un texto à ceux qui n'ont que leur portable en exil: "tout va bien", "le chat va bien", "pas de courrier urgent"...
Ils sont tous absents, mes amis, mes amours, mes enfants; dans ma vie c'est le grand vide, mais ils m'ont laissé en partant un cadeau précieux: leur confiance pour veiller sur ce qu'ils laissent derrière eux. J' en ai besoin, pour lutter contre mon sentiment d'impuissance et d'inutilité. Merci alors pour cette illusion que quelqu'un, quelque chose, votre courrier, vos plantes, vos chats, a besoin de moi.
Ainsi je peux me sentir exister même au mois déserté.
8 aout 2009