-Non!
L'obstacle, contrairement à ce que tu pourrais croire,
ce n'est pas la muraille.
Regarde,
si l'on y creuse un tunnel sous l'arc vouté,
rien ne s'écroulera,
la cohésion de notre monde
ne sera pas remise en cause,
et je pourrai la traverser sans danger.
Non,
ce qui m'empêche d'avancer
vers mon désir est bien avant,
il faut oser passer la frontière barbelée.
ça n'a l'air de rien,
elle est beaucoup plus discrète,
on voit au travers,
mais elle est faite de traditions millénaires,
de ridicules codes surannés,
et je n'arrive pas à la passer.
Ils venaient de s'aimer dans un champ de fougère, et c'est devant un vestige de mur de pierres qu'il exprimait ses difficultés à "n'avoir qu'elle d'horizon"1.
Alors elle a pris sa main, l'a détourné du mur qui le retenait fasciné, et l'a entraîné à poursuivre le chemin. Un chemin dont ils ignoraient les détours, mais qui permettait d'entrevoir les claires étendues qu' ensemble ils sauraient inventer.
Au bout de quelques pas, comme elle n'avait encore rien dit, lui a demandé:
-Tu comprends?
Avec un regard et un sourire qui donnèrent au mot des allures d' antiphrase, elle a juste répondu:
-Non.
Tu m'as dit: -ton prochain texte commencera par ce cri: "NON!"
Mission accomplie!
mais comme c'était "trop facile", j'en ai mis trois,
une anaphore et une antiphrase avouée.
14 aout 2009
1Aragon.