Avant que le dépit m'emporte, où ne vont même pas les feuilles mortes. Avant qu'à l'espoir, je claque rageusement la porte, j'avais pensé à tout. À tout ce qui occupe ta vie et qui t'empêche de penser au temps qui passe. J'avais espéré aussi beaucoup. J'avais espéré surtout pour toi, que ta vie ne soit pas ce bagne, cette longue litanie que tu déroules lorsque tu reviens vers moi pour excuser ton silence. J'avais souhaité pour toi des moments doux soleil pour tes jours, des moments tendresse d'étoiles à tes nuits.
J'avais pensé à tout, j'avais espéré tout, mais j'avais oublié... tes moments de replis!
Ces moments dont j'ignore tout pour n'en être jamais, ni témoin, ni dépositaire de leur secret. Ces moments rien qu'à toi que personne jamais ne te volera. Ces moments pendant lesquels la fatigue me servait de compagne. Présence à part entière d'une douce lassitude qui inhibe la colère, les yeux enfin secs qui se ferment dès qu'on s'écroule. Ces moments que je te dis, que je te crie, que je te décris et t'écris, à toi... qui ne me dis rien, jamais rien, de ce que sont les tiens.
consigne: « Ce n’est pas parce que tu n’as rien à dire qu’il te faut tenter de l’écrire. » Miossec
musique: danielle messia "j'voudrai m' poser"