du sucre plein les poches

Mardi 12 mai 2009

Comptine vespérale

 

 

-Mais pourquoi donc avez-vous appelé votre chat « Grin »? Demande Monsieur Lustucru à Madame Michèle accoudée à son balcon.

 

La scène se passe dans un vieux faubourg, de Marseille ou de Nice, un endroit où il y a la mer, pas loin. La mer refuge pour qui désespère. C'est un immeuble vieux et crasseux, où le soleil entre un peu, quand il s'en donne la peine. Mais souvent il se perd, dans les ruelles minuscules ou les étroites cours intérieures.

 

Mère Michèle, à son balcon, tente de répondre à Monsieur Lustucru, mais des années de sanglots remontent et inondent les géraniums en pot. Du terreau, un pot de terre, des géraniums qu'il faut rentrer l'hiver dans un couloir sombre à l'étage, ou dans la remise du voisin qui profite d'un petit rez-de-jardin. Tous les jours les arroser,

-mais pas de larmes, Madame Michèle, faut pas pleurer, objecte Père Lustucru, votre chat, vous l'reverrez.

 

Madame Michèle, étranglée de ses larmes ne peut qu' hocher la tête, bien sur qu'il reviendra. Mais en attendant elle pleure, elle pleure son malheur, tous ces petits soucis, petits tracas de femme seule qu'elle supporte au fil des jours, et avec le sourire toujours! Tous ces petits riens insignifiants, qui pour l'heure sont terrifiants, ces bêtises dont elle rira demain en caressant son chat.

 

Car s'il ne partait pas, l'intelligent félin, quand il sent la coupe pleine, et prête à déborder, pour quelle autre raison pourrait-elle bien pleurer ainsi à sa fenêtre et se faire consoler?

 

Alors, Madame Michèle, comme tout un chacun, pleure lorsque son chat Grin part, et rit lorsqu'il revient.

 

12 mai 2009

Par Agustina
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Mardi 7 avril 2009


 

Je n'aurai pas connu tes vingts ans

je ne t'aurai pas vu

jouer du violon en bondissant

ni avoir au bout de mille mètres

l'énergie d'être le premier


Je n'aurai qu' aperçu, furtivement,

une photo d' il y a dix ans

sur laquelle déjà tu étais plus âgé que moi.

Je n'aurai eu de toi les réveils fantastiques

de la puissance de tes rêves je n'ai fait connaissance


Mais je connais de toi la douceur du temps

la sagesse qui aime la vie telle qu'elle est

le regard beau porté même sur ce qui ne l'est pas forcément

la sensibilité attentive à chaque instant


Je connais ta patience à m'aimer à mon rythme

sans brusquer le frêle oiseau qui avait peur de tout

la force de ta main qui m'a remise debout

en me poussant doucement vers notre chemin


Je connais la force de ta vie

la beauté des peuples aimés

et le souvenir des paysages

dont je trouve encore poussière de chemin

en caressant tes cheveux de ma main


Par un seul sourire de tes yeux

Tu m'offres ce soleil qui chauffa d'autres cieux

Tu me chantes l'amour de la vie et des rencontres

Et me montres l'étoile qui nourrit mes rêves


Je n'aurai pas connu tes matins, tes midis

mais je n'aurai pas assez de soirées, de nuits,

pour te remercier de m'avoir un jour retenue

alors que j 'aurais pu n'être qu'une passante dans ta vie.




6 avril 2009

Par Agustina
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Lundi 6 avril 2009

L'horizon, tu le vois, là bas?


Nous marchions, comme des collégiens, main dans la main, tout au bonheur de ce temps ensemble, d'autant plus beau qu' inespéré.


D'est en ouest, nos ombres derrière nous projetées, nous n'avions plus peur, nous pouvions avancer, confiants, vers la nuit. Nous avions, résignés, tout accepté: la vie qui nous séparerait, les longs moments d'absences, la douleur des rêves sans espoir. Avec la frontière des possibles et ses dangers nous flirtions, au rythme de nos pas et de nos mots donnés comme autant de trésors.


Une nuit, une seule, au sommet. C'est le cadeau que nous nous offririons. Une journée de marche, à l'image de nos vies en mouvement, pour mériter le bonheur d'une nuit commune. Puis retourner à nos réalités.


Nous avons longuement regardé le soleil se coucher derrière les monts, puis nous avons rejoint un abri pour la nuit. Comment donner en une seule nuit l'amour qui nous brûlait depuis si longtemps à longueur de jours? La fatigue de la journée avait sensibilisé nos corps, nous nous sommes aimés comme on rêve, abandonnés au plaisir de l'autre et nous nous sommes endormis intimement liés.


Au matin il m'a tirée de l'abri: viens voir pourquoi je t'ai menée ici, regarde, retourne toi. À l'est le soleil se levait sur l'eau. C'est là bas que je suis né m'a t-il dit pointant l'horizon. En silence, enlacés, nous avons laissé le soleil monter dans le ciel. Des larmes coulèrent du bleu de ses yeux, je n'ai rien dit mais l'ai serré un peu plus fort contre moi.


Quand il a reprit la parole, sa voix avait changée, elle était grave comme la vie et ses réalités.

Il me dit: je pensais te laisser là, te dire de continuer vers le couchant, et moi suivre mon retour aux origines; mais ce matin je ne suis pas prêt, s'il te plait, m'accorderais-tu encore une journée et une nuit?


D'abri en abri, de levant en levant, chaque matin demande renouvelée, nous sommes arrivés à l'océan. Et maintenant? Lui ai-je demandé. Maintenant? Il me reste une mer à traverser, je fais demi-tour !


Permettrais-tu que je t'accompagne?


Oui je pouvais tout laisser, abandonner ma vie pour quelques pas avec lui, sur son chemin.Voilà comment nous nous sommes retrouvés à remonter le temps, chaque jour les souvenirs à rebours nous rapprochaient de son énigme. J'étais là, discrète, silencieuse, amoureuse, mon désir chaque aube réaffirmé, en réponse à sa question quotidienne: m'accorderais tu encore une journée? Je voyais quand ses yeux se fermaient sur un bonheur passé ou sur une douleur. J'étais là, respectueuse de ses pensées, le silence était dense.


Nous sommes arrivés à la mer.


Il m'a regardée, a pris mes mains. J'ai parlé la première: « vas maintenant, merci, tu m'as beaucoup donné, maintenant occupe toi de toi. ». Il a regardé l'horizon d'où le soleil émergeait, j'avais fait quelque pas en arrière, pour mettre en acte mes mots, il s'est retourné:


Non, là bas sont mes racines, une partie de mes origines, les mystères et les guerres, la mer m'en sépare comme ma mère m'en a protégé. Ici j'ai grandi, j'ai vieilli, et tu es là... à chaque soleil levé.


6 avril 2009

 

 

merci à Michel pour le soutien moral et la photo.

Par Agustina
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Samedi 21 mars 2009




Il est une fois...

dans la jungle urbaine, une espèce particulièrement féroce d'abeilles. Industrieuses et infatigables, une fois qu'elles vous ont piqués, il n'est plus possible de rêver.


Privés de rêves, les citoyens deviennent mous et apathiques, ils se laissent mener, plus rien ne les fait vibrer, plus aucune passion ne les motive. Ils sombrent petit à petit dans l'aigreur et la morosité, à moins de s'abrutir toujours dans une somme de travail de plus en plus importante pour oublier qu'ils ne rêvent plus leur vie et leur avenir. Plus aucune utopie, plus aucune solution ne naît de leur difficultés, ils n'ont comme recours que la soumission, l'adaptation, ou, en dernier ressort, le suicide.


Le processus est quasi irréversible. À moins de voler aux abeilles leur nectar antidote: un peu de ce précieux miel qu'elles défendent avec ardeur, il est impossible de revenir en arrière: plus jamais vous ne pourrez rêver.


Voilà donc un groupe de travailleurs acharnés en quête de l'antidote-douceur. Menés par un chef apiculteur des plus rêveur, à qui l'impossible ne fait pas peur: JiM est son nom.


Je fais partie de l'équipage, un regard double sur ce qui se passe. Anciennement contaminée, j'ai déjà fait le pèlerinage aux ruches, mais je fais de fréquentes rechutes, et lorsque je me laisse aller à crever sous la tâche, vite, j'appelle JiM pour qu'il m'embarque avec la prochaine équipe.


JiM parle peu, le silence est sa force. Dans le silence tout reste possible, imaginable, rêvable. C'est d'abord en nous confrontant à notre silence intérieur que JiM fait de ce périple un voyage initiatique. Petit à petit, le silence laisse une place aux rêves. Si JiM parle, c'est uniquement pour raconter des rêves, des histoires, ou décrire la poésie d'un lieu ou d'une situation.


L'entreprise est dangereuse, nombre de stagiaires se font piquer en tentant de récolter le miel, ce qui aggrave leurs symptômes, leur quête de la douceur tourne alors à l'aigre, et tout est à recommencer. Car bien sur, tout altruiste que l'on soit, donner du miel ne sert à rien, pour guérir il faut goûter celui qu'on a soi même dérobé aux abeilles. Sinon... imaginez le commerce qui se serait mis en place, et les contre-indications instaurées, de façon à contrôler une masse laborieuse et à limiter l'usage du rêve aux seuls possesseurs de cette planète!


JiM a de plus en plus de travail, les listes d'attentes pour ses stages, gratuits bien entendus, s'allongent. Pour le dédommager, chacun donne de lui même, du temps, un objet usuel, de quoi manger ou se chauffer, ou bien, ce qu'il préfère de loin: un rêve, qu'il puisse ranger dans sa collection. Lorsque quelqu'un lui raconte un rêve, il est heureux. Un de sauvé pense t-il, une étincelle d'humanité préservée. Il espère qu'elle se propage, que chacun apprenne à rêver à ceux qu'il aime.


Des jours que nous marchons sous la conduite de JiM. Les ruchers ne sont pas si loin, mais je le soupçonne de nous faire prendre des détours quand il ne nous sent pas assez mûrs pour affronter nos rêves. En chemin certains craquent, désespèrent: jamais nous n'y arriveront, finalement, autant utiliser nos énergies à nous soumettre à ce qui est, que de courir après nos rêves. À ces lamentations, JiM jamais ne répond, mais dans les heures qui suivent il trouve toujours les mots de la persévérance et du courage, en racontant une histoire, en usant d'une métaphore. Et toute la troupe reprend la route.


Nous approchons du but. JiM nous donne une dernière recommandation: les abeilles sentent nos doutes, notre peur, cela nous fait sécréter une odeur qui les alerte et les incite à piquer. Il faut donc attendre d'avoir confiance en nous même, d'être sûrs de nous pour approcher les ruches. Nous y allons dans le secret de la nuit, vers 4 heures du matin, à l'heure des rêves d'avenir, un par un, la conquête des rêves est un combat personnel.


J'attends plusieurs nuits avant de me lancer. Les fois précédentes, juste au moment où j'arrivais à boire un peu de miel, une abeille était parvenue à me repiquer. D'où mon état intermédiaire, fait d'alternance de rêves fous et de profonds désespoirs.


Cette fois-ci je suis dans un état d'esprit différent, j'approche la ruche sans enjeu, sans chercher à réussir, juste portée par ce désir: approcher la douceur du miel. J'ai choisi une nuit sans lune, j'y vais presque à tâtons, presque en rampant, presque animal. JiM nous a appris comment prendre du miel dans une alvéole sans réveiller les abeilles. Enfin, je lèche mon doigt sucré et j'attends quelques secondes avant de me relever sans geste précipité. Je rejoints le campement sans me faire piquer.


À l'entrée du campement JiM m'attend, le regard tourné vers les étoiles, il me dit: -je savais que tu y arriverais, j'ai deux secrets à te délivrer mais avant tout regarde les étoiles, chacune est le rêve qu'a fait un humain, il y en a une infinité, elles nous survivent, mais elles finissent un jour par mourir. Si les humains ne rêvent plus, à terme, il n'y aura plus d'étoile. Mais venons-en aux secrets maintenant: tout d'abord, ce miel n'a rien de spécial, c'est la lutte que vous menez pour y arriver qui lui confère ses vertus thérapeutiques. -Je m'en doutais lui répondis-je. -Ensuite, voilà, ce voyage est mon dernier, je vais rester ici, dans la montagne et je n'irai pas chercher un autre groupe de curistes; par contre toi, tu vas prendre ma place.


-Pourquoi moi?

-Parce que je sais que par tes erreurs tu as beaucoup appris, et que maintenant tu en es capable, j'attendais ce moment depuis pas mal de temps déjà. Pour eux, pour tous ceux qui ne savent plus rêver, il faut que tu acceptes, tu n'as pas le choix.


Bien sur que si, j'ai le choix, et JiM le sais bien, je lui demande de me laisser la fin de la nuit pour en décider.

-Au lever du soleil, je te donnerai ma réponse, laisse moi quelques heures pour rêver en toute insouciance, s'il te plait.


J'ai le choix et j'accepte, malgré les difficultés de la tâche et le fait que cela implique de rentrer en résistance, en divergence. Au matin, au moment de repartir avec le groupe, je dis à JiM:

-Puis-je te confier moi aussi mon rêve? Celui que je n'ai jamais osé t'avouer: mon désir de partager ta vie.

-Oui, je sais, mais je suis aussi inaccessible que le miel dans la ruche, toutefois, peut être, un jour, un hasard... Courage, on ne rêve jamais en vain, je serai toujours là, dans la montagne, et je te promets une nuit à chaque fois que tu amèneras ici un groupe de pèlerins.


***


J'ai donc repris la route à la tête de la troupe, mais cette fois pour retourner vers nos vies, nos obligations, nos familles et notre travail. Chaque matin, nous nous racontions les vrais rêves de la nuit; puis au fil des jours, nos rêves de vie, nos espoirs insensés. Nous nous écoutions, sans jamais juger, sans jamais dénigrer le rêve de l'autre, aussi fou soit-il. Et c'est à un jour de marche de la ville que l'un de nous a dit:

-mais après tout, cette histoire d'abeilles, je crois bien que ça n'existe pas plus que les vertus du miel!! Ce sont nous, nos contraintes, nos chefs, nos éducateurs qui nous ont fait croire à cette légende, il faut répandre partout la vérité et dire que ce n'était qu'un cauchemar, que les rêves sont en nous, à portée de chacun, qu'il suffit de leur ouvrir notre esprit et notre cœur!!


JiM croyait farouchement à cette histoire d'abeilles mutantes empoisonneuses, ou peut-être feignait-il d'y croire, pouvait-on ainsi bousculer les croyances de base de notre société? Nous avons réfléchi, discuté, pesé le pour et le contre, et décidé: notre groupe allait maintenant essaimer partout l'espoir et le rêve. Partout sur nos lieux de vie nous dirions la force vive des rêves, et chasserions le cauchemar des abeilles hard-workeuses.


On a continué les pèlerinages aux ruchers, d'abord parce que certains ont besoin de temps forts pour se ressourcer, se retrouver en lâchant tout quelques temps; ensuite, parce que c'est mon seul moyen de voir JiM de temps en temps. Lorsque j'aurai fini ma mission dans cette ville, j'irai le rejoindre, et j'attendrai près de lui ce hasard dont-il parlait, celui qui me permettrait de vivre mon rêve: partager sa vie, enfin. Tant pis si entre-temps nous sommes devenus vieux.



19 mars 2009




Par Agustina
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Dimanche 15 mars 2009



Avant,

Tu te disais ton temps viendra

qu'un jour, tu aurais ta revanche

que passerait l'âge d'or des sexa.


Ils s'accrochent, désespérés aux branches

d'un pouvoir qu'ils ne partagent pas.

Quelques années et seront moins fiers

rentreront leurs ergots

nos coqs sexagénaires

dégonfleront leurs égos

avant de partir en poussière.


Pour l'instant,

tirent leurs forces du temps

retraités disponibles,

moralisateurs pénibles,

affirment qu'on peut en faire,

toujours plus et tant et tant,

nous mènent train d'enfer,

de réunions en contre-temps,

sans respects pour les heures

contraintes, incompressibles,

que nous passons au labeur.

Finançons avec solidarité leurs retraites

sur nos maigres contrats

quand on sait que pour nos têtes

retraite ne sonnera pas.


Jusqu'à la mort nous bosserons

prématurément usés

par la crise et le travail

point d'âge d'or aurons

nous sortirons de la précarité

pour tomber en dépendance.


Génération quadra

n'aura pas eu sa chance.


15 mars 2009

Qu'il me soit permis, d'être dure parfois,

autant que la vie l'est avec moi.

Par Agustina
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Dimanche 8 mars 2009
Si un jour nous savions
le décompte amorcé
et notre temps compté
je t'avouerais mes désirs
mon aimé:

de tout ce temps t'offrir
je rêve jours et nuits
de partager les riens
même la monotonie
du quotidien

Oui bien sur nous savons
le décompte amorcé
le temps de tous compté,
je t'avoue mes soupirs
mon amour:

tout ce temps perdu
où je ne rêve plus
que de partager tout
même le plus dur,
jusqu'au bout.

5 mars 2009
Par Milasa
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Samedi 28 février 2009

N'importe où avec Vous,

créer.




De l'idée au texte

du coup de foudre au toujours

porter les mots comme femme porte un enfant:

longtemps, avec amour.




D'un regard dans le métro elle affirme sa liberté.


Descendent à la même station, tous deux aussi paumés, s'interrogent mutuellement sur le trajet - prétexte- et trouvent... le chemin l'un vers l'autre.


Partagent quelques pas et idées, cherchent leurs points communs, s'en étonnent, s'extasient sur ce qui les rapprochent.


Se perdent dans la ville mouvante, découvrent leurs différences, aiment à les compléter.


S'assoient finalement sur un banc, à l'ombre d'une église, les pigeons pour seuls témoins de leur premier baiser.


Déjà il faut partir.


Regardent chacun d'un coté de la voie, déjà la confiance qui supporte le silence.


Rêvent que le train se mue en bateau pour abriter cents ans leur douce solitude.


Inventeront désormais d'autres instants partagés

pour créer leurs bonheurs, à partir de rien, de la réalité.



25 02 09

Par Milasa
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Samedi 27 décembre 2008
Par Milasa
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Mardi 4 novembre 2008

E15 sur 10 mots imposés (cimetière, âme, chrysanthème, messe, oraison, funérailles, paix, souvenir, tombe, mort) et le thème de la toussaint:



Le chemin de la carrière


C'est le chemin en face du cimetière, à gauche en sortant du village. C'est là que je veux aller chercher en silence l'apaisement de mon âme, en tournant le dos aux chrysanthèmes dérisoires.

Je quitte discrètement l'attroupement des funérailles et me dirige à pas confiants vers la paix de mes souvenirs.


Mais ce que tu m' avais dit était vrai. Longeant une ancienne carrière abandonnée, ce chemin était dangereux. Oh raison, cette énorme pierre voulait te donner!!


Assommée, je tombe, et te rejoins dans la mort.


 2 novembre 2008

Par Milasa
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Samedi 25 octobre 2008

Une V2, le premier texte, témoin de l'émotion de l'instant,  ne semblait pas clair.



Ignorer le coq qui chantera demain
Laisser au sol la dernière pomme
Au champ, ne pas voir la prochaine récolte

Et accepter de partir



Quand le village ta raison déserte
Qu'aux ruelles vides s'éteignent tes lumières
Que ta conscience n'est plus qu' obsédant hululement
Et qu'aboiements de chiens errants l'assaillent

Au delà du chagrin que provoqua ton départ
Tu l'as préferé aux soucis que l'on donne
Lorsque l'on se croit devenu trop lourd, trop absent
Que l' on n'est plus ni soi ni personne.

Accepter de partir.
Le souhaiter même
Dans un ultime vouloir
D'une lucidité déjà sur le départ.



23 et 25 octobre 2008

à J-M.F.

Par Milasa
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